APPEL À COMMUNICATIONS
1. Problématique
Ce colloque se situe dans le cadre d’un projet de coopération internationale financé par le Fonds
de recherche du Québec (FRQ) en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie
(AUF). Le projet financé porte sur les stratégies à mettre en œuvre pour créer de la valeur dans
les microentreprises des femmes en milieu rural ouest-africain. Selon différentes études, les
femmes constituent la majorité des producteurs agricoles et produisent plus de la moitié des
denrées cultivées dans le monde entier (FAO, 2021). Cependant, les impacts de diverses crises
successives (sociopolitiques, climatiques, économiques, etc.) combinés à celle de la Covid-19
ont exacerbé les discriminations sociales basées sur le genre entraînant ainsi la réduction
systématique des opportunités d’auto-emploi chez les femmes ; notamment celles du milieu
rural. Dans ce contexte difficile, des femmes rurales ouest-africaines prennent en main leur
destin en mettant en œuvre des activités génératrices de revenus qui améliorent leurs conditions
d’existence. Elles développent ainsi de nouveaux modèles d’affaires qui font émerger des
milieux innovants en zone rurale. C’est le cas des femmes entrepreneures du secteur agricole
des zones semi-arides du Sénégal qui, entre vulnérabilité multiple et adaptation au changement
climatique, parviennent à créer des unités économiques génératrices de revenus. En effet, elles
mettent en œuvre diverses stratégies pour trouver des solutions pour faire face aux effets
adverses du changement climatique et atténuer l’impact sur leur petite et moyenne entreprise
(Diop et al., 2022). C’est également le cas des femmes de la coopérative Scoop Azitché dans
le département de Bloléquin en Côte d’Ivoire qui utilisent les cabosses vides de cacao pour
produire du biochar et des briquettes à commercialiser (Mohamed et al., 2023). Sachant que la
Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao avec une production avoisinant les
2 millions de tonnes par an ; soit environ 43 % (plus d’un tiers) de la production mondiale, la
valorisation des cabosses vides de cacao (biomasse végétale) devient une activité très lucrative
pour ces femmes rurales et une opportunité pour faire émerger un nouveau type
d’entrepreneuriat féminin en milieu rural. Les principales questions qui dirigeront les débats
au cours de ce colloque sont les suivantes : quelles sont les caractéristiques des nouveaux
modèles d’affaires des femmes entrepreneures rurales en Afrique francophone ? Quels en sont
les défis et les perspectives ? Quelles sont les innovations structurant l’espace ? Quels sont les
acteurs impliqués dans le système ? Quelles sont les formes d’utilisation du biochar, et les
chaînes de valeur associées ? Quelles sont les sources de production du biochar ?
2. Objectifs et thématiques du colloque
Selon un rapport de Women in Africa (2018), il est largement reconnu qu’en Afrique, les
femmes créent des entreprises par nécessité, autrement dit à des fins de subsistance parce
qu’elles n’ont pas assez d’alternatives dans la création. Dans ce même ordre d’idée, les
entreprises des femmes africaines francophones seraient moins performantes que celles de leurs
homologues anglophones. Nonobstant, les actions des entrepreneures africaines francophones
tendent à inverser ces « clichés ». En effet, ces femmes gagnent du pouvoir tout en démontrant
l’ampleur et la richesse de leurs ressources. Elles créent ainsi leur propre modèle d’affaires en
s’affranchissant de leur situation de départ ; et cela notamment en milieu rural. Cependant, pour
ce milieu rural, il n’y a pratiquement pas de données scientifiques sur les stratégies mises en
œuvre par les femmes entrepreneures pour créer de la valeur au travers de leurs
microentreprises.
Ce colloque se veut un lieu d’échange et de réflexion entre les chercheur-e-s et les praticienne-s afin de débattre et d’échanger à l’issue du dévoilement de résultats de recherche récents
dans le domaine des nouveaux modèles d’affaires de l’entrepreneuriat féminin en milieu rural
en Afrique francophone. Ceci permettra de pallier le manque de données dans ce domaine.
À l’issue de ce colloque, nous visons une meilleure compréhension des principaux moteurs de
changements récents dans les modèles d’affaires des entrepreneures africaines rurales
francophones. Ceci dans le but d’élaborer un corpus de connaissances qui permette d’accroître
les capacités des femmes à saisir les opportunités de leur milieu pour innover dans leurs
modèles d’affaires. Plus précisément, ce colloque permettra de :
• Mettre en exergue les transformations récentes des modèles d’affaires de l’entrepreneuriat
féminin face à l’adoption des innovations sociales et technologiques en milieu rural en
Afrique francophone ;
• Augmenter la visibilité sur la recherche en français portant sur l’entrepreneuriat féminin en
milieu rural ;
• Consolider et/ou établir des liens de collaboration et de partenariats avec des chercheurs
francophones.
Les sujets d’intérêt du colloque incluent, entre autres, les thèmes ci-après :
❖ L’entrepreneuriat au féminin en milieu rural en Afrique francophone ;
❖ Les modèles d’affaires de l’entrepreneuriat féminin ;
❖ Les modèles disruptifs ;
❖ La contribution des femmes rurales africaines à la sécurité alimentaire ;
❖ L’autonomisation des femmes ;
❖ Le renforcement des capacités des producteurs agricoles ;
❖ L’agriculture durable ;
❖ Les pôles d’innovations en milieu rural ;
❖ Performance des chaînes de valeur dans la production du biochar ;
❖ Le rôle des agences d’appui au développement rural pour l’émergence de
l’entrepreneuriat féminin ;
❖ Le rôle de la recherche ou espace rural recherche et genre ;
❖ Les défis des femmes en milieu rural ;
❖ Environnement de chaîne de valeur et innovation ;
❖ La commercialisation des produits vivriers ;
❖ L’approvisionnement des villes en produits vivriers ;
❖ La disponibilité des terres agricoles et les solutions proposées ;
❖ L’impact des changements climatiques sur la structuration des activités en
milieu rural ;
❖ Les impacts de la pandémie de la covid-19 sur les chaînes de productions
agricoles.
3. Modalités de soumission des propositions de communication
Les chercheurs-euses, enseignants-tes, étudiants-tes et praticiens-nes qui sont intéressés-es à
présenter une communication orale sont invités-es à soumettre un résumé de 1500 caractères
de leur « proposition de communication ».
– Les propositions de communication doivent respecter les critères suivants
▪ Être en lien avec le sujet abordé par le colloque,
▪ Apporter de la valeur pour les participants,
▪ Être écrites en français, la langue officielle du Congrès de l’Acfas,
▪ Soumises avant le 15 février 2024, à l’adresse yasmine.mohamed@uqat.ca et
dasital@gmail.com
– Format attendu des propositions de communication :
▪ Titre de la communication : maximum de 180 caractères, espaces compris,
▪ Coordonnées complètes du-de la premier-ère auteur-e et du ou des co-auteur(s)
-e(s) : Nom, prénom, statut, institution de rattachement et adresse électronique,
▪ Résumé : maximum de 1500 caractères, espaces compris (environ 200 mots) et
être au format Word,
▪ Présenter obligatoirement : une problématique liée au thème du colloque, des
objectifs, une méthodologie et des résultats (préliminaires ou finaux).
– Annonce des résultats de sélection au plus tard le 24 février 2024.
Important : Selon les politiques de l’ACFAS, l’inscription au congrès est obligatoire pour
toute personne désirant participer ou assister au congrès (www.acfas.ca) .
4. Comité scientifique et d’arbitrage du colloque
Les membres du comité organisateur du colloque agiront également comme membres du
comité scientifique et d’arbitrage. Elles pourront s’adjoindre à d’autres personnes selon les
besoins.
5. Valorisation des contributions
Les auteurs dont le comité scientifique retiendra les soumissions seront invités à soumettre un
texte complet de 5 000 à 7 000 mots, en vue de la rédaction d’un ouvrage collectif. Ces textes
seront révisés par le même comité.
Les conférenciers qui le désirent pourront soumettre un texte issu de leur conférence, au cours
de l’été 2024, en vue d’une publication sous forme d’ouvrage collectif ou de numéro spécial
de revue. Des informations supplémentaires seront fournies dans les prochains mois. Toutefois,
prenez note qu’une participation au colloque ne constitue pas un engagement de publication de
la part des organisateurs, car les articles soumis seront évalués par un comité de lecture.